Il faut préserver l'ancien presbytère St-Rédempteur

Voici un texte que votre association, des groupes soucieux du patrimoine régional, de nombreux historiens et anciens élus ont récemment fait parvenir au conseil municipal.


Aux élus de Gatineau, Nous invitons le conseil municipal de Gatineau à protéger l’ancien presbytère Très-Saint-Rédempteur contre la démolition demandée par son propriétaire, demande qui fera bientôt l’objet d’un vote. Deux raisons expliquent notre volonté de préserver cet édifice historique. Premièrement, l’ancien presbytère est un bâtiment important qui témoigne de la riche histoire de l’Île de Hull. Deuxièmement, il existe d’autres options pour le développement de résidences pour personnes âgées dans le centre-ville. La protection du patrimoine représente un grand défi pour les municipalités et dans le cas du Vieux-Hull, c’est encore plus problématique à cause des pertes occasionnées par le grand feu de 1900 et les expropriations. L’ancien presbytère est le seul édifice d’origine de la deuxième paroisse de l’Île de Hull fondée en 1902 qui est encore debout, car la première église a passé au feu en 1915. Sans en avoir la confirmation, le rapport d’évaluation patrimoniale commandé par la Ville de Gatineau a néanmoins affirmé que l’architecte renommé Louis-Zéphirin Gauthier, qui a dessiné les plans de l’église originale, était probablement aussi le concepteur des plans du presbytère.

Après la création du Diocèse de Hull en 1963, le presbytère a eu la fonction d’évêché et l’église est devenue la première cathédrale de la région. Derrière, sur la rue Carillon, se trouvait le Centre diocésain, un lieu important d’activités religieuses et communautaires. En 1988, le nouveau propriétaire du presbytère a présenté les plans pour la transformation de l’édifice en résidence pour personnes âgées. Ces plans ont certes modifié son apparence architecturale, mais le conseil les a approuvés afin de donner une deuxième vie au presbytère. Nonobstant cette transformation, l’architecture du bâtiment présente toujours des éléments qui rappellent sa vie antérieure. De plus, l’édifice conserve un intérêt patrimonial important en raison de son rôle dans l’histoire locale et régionale et de son insertion à côté de l’ancienne église dans le quartier populaire environnant. L’autre argument est celui des solutions de rechange. Jusqu’à tout récemment, le propriétaire de la Résidence de l’Île a tenté de conclure une entente avec la Commission scolaire des Portages de l’Outaouais (CSPO) pour son projet d’agrandissement. La démolition de l’ancien presbytère n’était d’abord pas envisagée. Si une entente avec la CSPO n’est pas possible, il existe des alternatives à la destruction du patrimoine bâti. L’Île de Hull ne souffre pas d’une absence de terrains à développer. Les espaces vides sont légion au centre-ville. Pensons notamment aux nombreux stationnements de surface. Enfin, un texte publié à l’occasion du 20e anniversaire de la Résidence de l’Île, en 2008, rapportait les pourparlers entre Sam Chowieri et Mgr Adolphe Proulx concernant la vente du bâtiment : « Mgr Proulx a trouvé géniale l’idée de transformer le presbytère en résidence pour personnes âgées autonomes. Ainsi, l’édifice continuerait à desservir la ville de Hull et contribuerait à préserver un sentiment d’appartenance au sein de la communauté. » Cela reste aussi vrai aujourd’hui qu’auparavant. Les auteurs du texte sont : Kate Helwig et Bill Clennett, appelants à la demande de démolition Daniel Cayley-Daoust, président de l’Association des résidants de l’Île de Hull Micheline Lemieux, présidente de l’Association du patrimoine d’Aylmer Marie-Jeanne Musiol, présidente de l’Association du patrimoine du ruisseau de la Brasserie Michel Prévost, président de la Société d’histoire de l’Outaouais Roger Blanchette, Pierre Louis Lapointe et Manon Leroux, historiens Francine Lorange, commissaire de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais, Claude Bonhomme, Manon Guitard, Claude Lemay et Raymond Ouimet, membres du Conseil municipal de Hull en 1988